Tous au sommet !
Un conte sur : l'esprit d'équipe · 5 minutes
Toc, toc, toc ! Qui frappe à la porte du conte ? C'est Pépin le lutin, le bonnet sur le nez et les chaussettes dépareillées !
Ce matin-là, Grand-Père Gédéon posa la boîte des éclats sur la table. Vingt-deux éclats brillaient. Deux seulement restaient gris.
« C'est le moment de reconstruire l'étoile, dit-il. Demain soir, c'est la dernière nuit de l'hiver, et les oiseaux rentrent. Elle doit être tout en haut du Grand Sapin Bleu. »
Il prit les éclats un par un et les rapprocha. Et là, quelque chose de magique se produisit. Les éclats brillants s'attirèrent, comme des aimants. Ils s'emboîtèrent tout seuls, avec un petit tintement. Ting, ting, ting. Comme les pièces d'un puzzle qui savent exactement où aller.
En quelques secondes, l'étoile était là. Presque entière. Avec deux petits trous gris.
« Ouaaah… » soupira toute la bande, qui était venue voir.
Ils la portèrent jusqu'au Grand Sapin Bleu. Toute la forêt était là : les lapins, les mulots, le corbeau, et même Brindille et sa maman, venues du ruisseau.
Pépin leva la tête. Le Grand Sapin Bleu était immense. Sa pointe touchait presque les nuages.
« Je vais la monter, moi ! Tout seul ! Comme ça, ça ira plus vite ! »
Il prit l'étoile, et se mit à grimper, très vite, beaucoup trop vite. Une branche. Deux branches. Son bonnet lui tomba sur les yeux. Et…
« ATTENTION ! » cria tout le monde.
Pépin glissa. L'étoile glissa. Exactement comme le jour où tout avait commencé.
Mais cette fois, Pip et Chipie s'élancèrent en même temps. Chacun attrapa une pointe de l'étoile dans son bec, juste avant qu'elle touche le sol. Et Pépin, lui, atterrit dans les bras de Grand-Père. Enfin, surtout dans sa barbe.
Il y eut un grand silence. Puis Pépin ressortit la tête de la barbe, avec un vieux bouton collé sur le nez.
« Bon… Peut-être que tout seul, ce n'est pas la meilleure idée. »
Tout le monde rit, et on fit un plan. Ensemble, cette fois.
Tout en bas, il fallait quelqu'un de très solide et de très calme. Ce fut Tartine, qui dormait si profondément qu'elle ne bougeait pas d'un poil. On l'installa au pied du sapin, comme un gros coussin vivant.
Sur Tartine grimpa Bouchon, qui s'agrippa à l'écorce avec ses petites griffes. Sur Bouchon grimpa Mirabelle, la meilleure grimpeuse de toute la forêt. Et sur Mirabelle grimpa Pépin, en faisant très, très attention cette fois. Tout doucement. Une branche après l'autre.
Mais même comme ça, la pointe du sapin était encore trop haute.
Alors Pip et Chipie prirent chacun un bout d'un long ruban doré, attaché à l'étoile. Ils battirent des ailes, très fort, tous les deux en même temps. Et l'étoile monta, monta, monta, pendant que Pépin, tout en haut de la pyramide, la guidait du bout des doigts.
« Un peu à gauche ! Un peu à droite ! Encore un peu… Voilà ! »
L'étoile se posa sur la pointe du Grand Sapin Bleu. Tiiing.
Tout en bas, la forêt entière poussa un énorme « Hourraaa ! ». Si fort que Tartine se réveilla une seconde, dit « Rrrron… bravo l'équipe… », et se rendormit aussitôt.
Tout le monde redescendit, un par un, en riant. Ils s'allongèrent dans la neige, côte à côte, pour regarder l'étoile tout là-haut.
Et à ce moment-là, l'un des deux trous gris se mit à briller. Puis toute l'étoile s'illumina un peu plus fort, comme si elle respirait.
« Vingt-trois ! s'écria Mirabelle, qui avait compté deux fois jusqu'à dix, puis jusqu'à trois. Il n'en manque plus qu'un ! »
Pépin regarda le dernier petit trou gris, tout en haut.
« Et s'il ne s'allumait pas, Grand-Père ? Et si les oiseaux ne trouvaient pas la forêt ?
— Tout doux, mon petit bourgeon. Il reste encore une journée. Et ce sont souvent les derniers éclats qui brillent le plus fort. »
Et toi, qu'est-ce que tu aimes faire avec les autres, en équipe ?
Pling ! fit le grelot. Un éclat de plus pour l'étoile ! Et maintenant, au lit les petits lutins… mais pas avec les chaussures !